Deux géoliennes au Paraguay


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Ibicui – version 1

Ibicui, ou comment tranformer un petit weekend paisible au vert…en grande aventure

Rien de très surprenant, finalement:
Prenez trois galériennes (si peu…et tant à la fois), le tout au Paraguay…

et le weekend au parc naturel d’Ibicui, à 120km d’Asunciòn , un weekend presque parfait: arrivée en début d’aprem’ pour pique-niquer, baignade dans les cascades sous ce soleil qui brille et nous chauffe tant depuis le début de la semaine, nuit à la belle étoile, promenade dans la jungle et retour dimanche soir pour le concert de Marco (the Marco , le novio a Barbara).

devient:

Départ 9h…l’est où le soleil? On aurait peut-être dû se coucher un peu plus tôt non? Parce que là, je ne sais pas pour vous mais c’est plutôt brumeux tout ça, non?
…9h30, on attend qui qu fait? Ah oui, Christophe, l’allemand qui n’avait pas compris que l’on partait pour 2 jours (un autre galérien?) c’est pas grave, on a le temps, on prendra le bus d’après.
Allez,c’est parti!

C’était oublier un détail: nous sommes au Paraguay,et tout va beaucoup plus lentement.
Ah quelle belle leçon de patience!

Quand, à 15h, nous sommes toujours à 30km d’Ibicui, que le bus se met à reculer doucement, on inspire profondément: je vais bien, tout va bien, je suis gaie, tout me plaît…
Le bus n’a plus de boîte de vitesse donc.
On descend (ce “on” est beaucoup trop restrictif: c’est un vrai flot de personnes qui se déverse sur le trotoire, à votre avis, quel est le record du monde du nombre de personnes dans un bus, car je crois que là, on n’en est pas loin), on discute,, on prend la vie comme elle vient et… on va acheter des bières.
Le bus redémarre! Yes! En reculant…Aaargh!

16h…
16h30…arrivée à la ville d’Ibicui, le bus devrait repartir “d’une minute à l’autre” pour le parc…mais c’est la minute paraguayenne. Vous connaissiez le ¼ d’heure ardéchois (ou pas), la minute paraguayenne ne se mesure pas sur la même échelle.

17h, on arrive enfin au bout de la ligne droite, le parc n’est pas loin.
2km à pieds qu’ils nous disent ”au bout de la route asphaltée, prenez le chemin de terre à gauche et vous y serez”
Le bus fait demi-tour, on se regarde
à gauche, à droite: rien. Ah si, on aperçoit (en tout cas, pour ceux qui y voit quelque chose) des promesses de forêt à l’horizon.
devant, derrière : la route, ce long ruban noir qui semble infini.
éclats de rire devant nos regards perplexes. Le parc ne serait-il donc qu’un grand mythe?

2km plus loin et toujours le même paysage: ah, une maison, la femme nous rassure, le parc n’est qu’à… 2km!
1km plus loin.. une goutte, deux gouttes…
ah, la pluie! tiens, on n’y avait pas pensé. De quoi s’abriter?
Le Paraguay n’y avait pas pensé non plus.

On continue donc, 1km plus loin et la fin de la route asphaltée : ça y’est, on ne devrait plus être bien loin, la végétation se fait plus dense (en même temps, tout est relatif, il est facile de faire plus que…rien)

plus que 2km qu’on nous dit! Inspiration, expiration: pas de problème, tout va bien: la pluie a daigné s’arrêter.
Maintenant, il fait nuit.
et tout paraît bien plus…obscur et…dangereux. Le grognement, tu l’as entendu toi aussi? c’était quoi? Un singe ou un jaguar?

2km plus, on a gagné! A nous…mmh, un abri tout en béton/carrelage/néon et…ce noir impénétrable qui nous entoure.
Petite rencontre improbable avec une famille qui a planté sa tente à côté (une tente? Pas con car tout à coup l’herbe trempée et le carrelage paraissent beaucoup moins accueillants), chaleureuse…mis à part le père qui joue avec son pistolet comme un gosse.
Après quelques bières, on ose enfin s’aventurer entre les arbres et autres lianes…c’est attirés par le bruit de la rivière que l’on marche à tâtons, doucement, très doucement, trop doucement (je rigole de savoir que demain on s’apercevra que toutes nos frayeurs n’avaient pas lieu d´être)…jusqu’à atteindre…un trou noir: un mètre de plus et c’était un petit plongeon de plus de 10 mètres dans la cascade. On tente un autre point d’attaque…

et ouaouh, le rio s’offre à nous, cette eau si limpide, fraîche et douce aux pieds du marcheur. C’est à la lumière de dizaines de lucioles que l’on se baigne…Ah que la vie peut être douce parfois!
Tout ça juste pour apprendre à relativiser …


Ybycui – version 2

Ybycui ou l’aventure d’un WE

Des heures et des heures dans un bus bondé dont la boîte de vitesses devait être réparée toutes les heures, des arrêts au milieu de rien, une rencontre pour un moment, partager et ne plus jamais se revoir, le bus repart, des tonnes de gens debout, et toujours plus qui entrent, demi-sommeil et une petite fille sur les genoux. Trajet interminable mais tellement vivant : vendeurs de tout qui traversent le bus et redescendent, foule, arrêt encore, tout le monde dehors, qui a un marteau pour réparer le bus ?, on repart, vous voulez vous asseoir ?, et somnolence rêveuse… Arrivée au crépuscule, laissés sur une route, droite, longue et sans fin, qui se déroule sous nos pieds derrière nous et devant nous. Où va-t-on ? On ne sait pas mais on y va. La lumière qui baisse peu à peu et… la pluie. Derrière, à l’horizon, une silhouette qui se rapproche sur la route. Des kilomètres et des kilomètres, une tienda isolée, quelques bières et la route continue, encore et encore. Il fait nuit, nous marchons sur un chemin en terre, des arbres de chaque côté, des bruits, des craquements. Oiseaux, singes ? Grognements. Effrayant. Il fait noir à présent, et on marche toujours. Une lumière au loin, une présence, le lieu du camping serait si proche ? Un toit, un sol, et así no más. Le bruit de l’eau tout près, une excursion nocturne jusqu’à la rivière, danger, la cascade est proche, mais où ? Rencontre avec une famille qui campe non loin, liqueur de coco qui justifie toutes les épreuves ; l’homme a un pistolet, contre les bêtes sauvages…que bueno ! Allons nous baigner ; froid, nuit et centaines de lucioles, féerie. La soirée passe dans les brumes et la nuit sous la lumière électrique glauque des néons.
Au matin, l’environnement se révèle: magnifique, mais sans soleil. Promenade dans la « jungle », le ventre vide ; quelqu’un ou quelque chose a volé notre sac de nourriture (du pain en fait), et rien d’autre. De retour sur le long chemin, passe un pick-up, déposés plus loin. Une maison, restes de l’asado de la veille, manioc et viande, froids. Une bénédiction. Et des bières, toujours. Le bus passe, agiter la main, sauter dedans. Si long et tant de gens debout encore. Rêves éveillée. Retour à la ville, ses bruits, sa nourriture à chaque coin de rue. Son confort, mine de rien.


Finir par une soirée rap/hip-hop paraguayen/chilien/argentin sur Plaza de la Democracia et jus de fraise au Lido Bar. Ambiance asunciónaise, aux accents d’internationalité enthousiaste.

Un WE dont on se souvient, trempés, sales et affamés, mais heureux.

 

 


Yvycui – version 3

Alors comme ca on veut ma version du desastre touristique???

Pour commencer par le bon bout….

Une petite voix m’ a toujours paresseusement soufflé à l’ oreille…les week end de grande chaleur et de ciel bleu… »barbaraaaa reste chez toi à glandouiller ya que ca de vrai…laisse tomber les escapades aventuresques pour prendre en photos trois palmiers, une vache morte et un lézard…les sites merveilleux avec piscine naturelles et ruisseaux scintillants, ca n’existe PAS au Paraguay!!!! », mais il se trouve que deux jeunes follasses insouciantes prètes à tout pour avoir un blog du tonnerre ont débarqué dans mon bureau, téréré et toutiquanti  » Le Paraguay, ca nous fait pas peur!!! »

Alors d’accord, on se bouge la vieille, remets ton sac à dos, retrouve ton sac de couchage, et c’est reparti!!
Nous décidons donc de partir à la découverte du royaume des sables (lééégèerement mystifié pour les besoins de l’histoire…), le parc naturel d’Yvycui » (traduire sol fin? en guarani, nous concluons donc: sable…) oui, en effet…vous comprendrez par la suite que seul un chemin de sable mène à Yvycui..

Hauts les sacs à dos!! Rendez vous samedi matin 8h45 à l’internat jésuite, pour un départ 9h30, prévues 3heures de trajet en bus, puis une petite heure de parcours à pied pour arriver au lieu de campement, à 147 kilomètres d’ Asuncion (vous pouvez vérifier sur Wikipédia..;-) Donc si on compte bien, ca nous fait arriver max 14heures au pied de la superbe piscine naturelle à pas moins de 10 mètres de la zone de campement (supposément hitech cuisine et tout le reste: si si, vous pouvez encore vérifier sur Wikipedia…)
Bref, un plan de rève…et aller qu’on emmène les bikinis, la crème solaire la serviette et les tongs, c’est parti pour un après midi relax à se bronzer en mangeant des sandwichs tout secs et en buvant du téréré..

Voila pour le plan.
Et voila pour le reste..

JOUR 1

Je suis bien décidée à m’affranchir des coutumes paraguayennes (Les deux heures paraguayennes..), reveil à 7h, je vérifie les essentiels, PQ (Anais m’a prévenue..pour les toilettes, ce sera dans les bois;-), antimoustique, bikini (eh oui), cigarettes, et 8 tee shirts,( bien sur, au cas ou on irait en boite..)…j’aurais plutot du penser à une bouteille de vodka et des barres céréales…

Merde, suis en retard, je panique, monte dans le bus, arrive devant la porte de l’internat…O, Voila Myriam qui s’approche, s’approche, me regarde d’un air endormi et me dit: « O mince, j’ai pas les clés! » Ca commence bien…
Et c’est reparti pour un ptit dej! (en passant merci les filles, c’était pas de trop de prendre un deuxième café ^^ ), 9h30, la moitié du convoi dort encore….
Hmm..le ciel est juste un tout petit peu lugubre mais c’est pas grave, tant qu’il pleut pas, pas d’excuses!! c’est parti!

3 francaises, un belge, et un allemand, et en route pour Ybycui!

Je vous passe les détails…nous voila dans le bus…
Stratégiques et égoïstes, nous avons chacun pris une place double, pour pouvoir avoir de la place pour s’allonger pendant le trajet (jajaja)…Je me retrouve une demi heure plus tard dans un bus bondé, un mec a moitié affalé sur moi comme sur un canapé..
Le bus démarre…s’arrète…démarre..

.s’arrète…démarre…s’arrète…démarre…s’arrète…c’est fatiguant non?, on n’est pas encore sortis d’Asuncion…par contre on aurait pu acheter 10 kilos de tomates, 5 bouteilles d’huile, 10 paquets de chewing gum, 14 chipas, 3 paires de chaussettes, 2 CD de reggaeton, au cas ou on n’y aurait pas pensé pour aller faire du camping..

Nous voila enfin sur la route…le bus est deja plein à craquer..
Les gens qui ne sont pas debout essaient de dormir, ou regardent défiler le paysage comme hypnotisés…c’est que pour le paysage, ya de quoi bloquer..
Tu as, la route, puis au bord de l’herbe, puis un fossé, puis tu passes au champ, sans fin…Le bord de la route est parsemé de détritus divers, plastiques et couleurs en tout genres, entretenu par les passagers des bus réguliers et les vendeurs ambulants à la sortie d’Asuncion…Ce qui gène, on le jette par la fenetre. Point. Affaire réglée.
Je me le fait meme jeter par la geule en passant, la demoiselle ayant décidé de jeter sa salade de fruit accompagnée de son récipient par ma fenêtre.. Mal au coeur..
Merde alors, je ne crois pas qu’on puisse ne pas voir, ne pas se rendre compte, ne pas faire quelque chose…

Bref…le temps passe le temps passe, et le bus s’arrete…

O ben mince, ils commencent à démonter le bus!!!

A ben oui, c’est bien ca..et vas y que je te démonte la boite de vitesse, je te sors le marteau, et une cale sous la roue avant,
et nous voila partis pour une bonne demi heure d’attente, trois hommes sous le bus, et une bonne dose de cambouis..

Ah, j’oubliais…il est: 14h40 (pas grave, on arrivera vers 16h00…)

3 bieres plus tard (merci Christopher), le chauffeur à tout d’un coup un coup de speed « ya vaaaaamos ya vaaaaaamo ssuuuubense suuubense!!! » et c’est repati on jette tout le monde dedans, enfin ce qu’il reste, les chanceux ayant fait du stop ou continué à pied..nous voila 10 minutes plus tard arrétés à la station service…

C’est long hein? Ca devient lourd l’histoire la non?

Ca a duré jusqu’à…16h38…(oui, il ya certains moments qui restent gravés dans ta mémoire…)

Heure où nous sommes arrivés pleins de gloire sur la dernière route goudronnée de la région, el « empedrado », le fameux qui nous mènerait jusqu’à l’autre fameux chemin de terre,aaaaa, qui nous mènerait jusqu’à Ybycui!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Pétard, on va feter ca par un sandwich et une clope ;-) !!
On ne sait pas si on doit être heureux ou paniqués, selon les sondages, nous sommes entre 1,5 kilomètres et 12 km du parc, impossible de savoir, AUCUN paraguayen n’a la même version…on dirait que personne ne prend les meme bus ni ne va dans les meme parcs…on essaie d’etre optimistes..aller en moyenne pire ca donne 6, disons qu’on se les fait en 2 heures max, on y sera a….18h38!!!

La conclusion est inévitable…nous arriverons de nuit…avec UNE lampe (merci scout Anaïs), quelques sandwichs, aucune bière…(hmmm le trajet était plus long que prévu..)
Et pas mal de piqures de moustiques (vous avez essayé vous déja de vous mettre de l’antimoustique en marchant avec un sac à dos?)

Mise à part la pluie et le jaguar caché dans les buissons je dirais que le voyage s’est déroulé sans encombres (Anais pas de balgues toi comme moi avons entendu un animal féroce et assoiffé de sang…bon, je dirais que peut être un méchant facochère pourrait faire le même bruit..)

Nos calculs étaient bons, nous arrivons vers 18h30, de nuit…à l’oreille on a trouvé le ruisseau…Au bruit je dirais que la vue est magnifique!!
Et quant à la zone de campement, c’est un préau, avec ses deux néons, made in paraguay, et des bestioles partout, mais on est contents!!
C’est l’heure du deuxième sandwich jambon fromage, il est maintenant 20 heures, et j’avoue que j’irais bien me coucher…

On aura été vaillants, à essayer de jouer à des jeux de mimes avec un allemand totalement hermétique, à se baigner dans la nuit et dans le froid juste en haut d’une chute (on a vu ca le matin) pour l’héroïsme, et après avoir vaillament chassé un concombre pour le dessert, nous voila tous endormis vers 22h, en rang dans nos sacs de couchage sur l’horrible sol du préau couvert de fourmis rouges géantes (merde alors les filles zavez pas une photo??JAMAIS vu ca beurk avec une tete trois fois plus grande que le reste…)

JOUR 2

DIOoooss mio, ca fait mal au dos, de dormir par terre, comme ca tu es sur de pouvoir te reveiller à l’aube…
Hmmm je profite un moment de la chaleur de mon duvet en pensant aux gaufrettes au chocolat soigneusement préservées pour le petit déjeuner..quelle idée judicieuse..
Je me dirige vers notre « campement » qui se résume a trois paquets de clopes, deux sacs à dos, trois serviettes, un sac poubelle, et…..et…mais OU SONT LES GATEAUX??? Panique préprandiale, j’ai faim, je veux mes gateaux!!!! vidage de sac à dos, prospection de rigueur, il faut se rendre à l’évidence….le petit déjeuner a disparu!!!!

Rien n’ a été touché, meme pas le sac poubelle, à part les waffers au chocolat et les petits pains,le mystère reste complet…un allemand compulsif? des francaises goinfres somnanbules? un singe? Nous voila pris d’un élan de sauvagerie…allons chasser notre ptit dej!!! l’option chasse du lapin à l’arbalette étant vite éliminée, nous nous replions sur la ceuillette, enfin, c’est meme encore plus facile de ramasser par terre…qui reveut des oranges amères pour le ptit dej?? Miam! ca, ca te réveille un soldat!!!

Et pour en remettre une couche coté réveil, nous voila plongés dans la FAMEUSE et MAGNIFIQUE piscine naturelle au pied de notre préau d’acceuil,
Bon, rien que pour ca, ca valait le coup,sable, pierres, et eau limpide, petits poissons, papillons énormes, que du bonheur!!

Trop vite écourté par la trouille de jamais pouvoir rentrer à Asuncion (je parle pour moi bien sur) nous décollons vers dix heures..

A une prochaine c’est juré!! Mais en voiture, avec du temps, et des provisions!!

Pas de détails sur le retour, c’était trop facile!!! ;-)
Un coup de stop et un dépannage d’asado, en passant par un bus à l’heure, et nous voila sains et saufs à la terminal…

Merci les loulous pour ces bien bons souvenirs,

Aller hop, au boulot!!

 

 

Et enfin, les photoooooos………. ici ! 


Anecdotes

Il y a un coq français dans la basse-cour de l’internat. C’est-à-dire qu’il chante à l’aube…heure française. Pratique quand on essaie de dormir, à minuit et demi.

Rectification… Le coq a décidé de se caler sur chaque fuseau horaire de chaque pays de chaque habitant de l’internat. Sauf qu’à 2h du matin, on tombe sur l’aube de…rien du tout, au beau milieu de l’océan Atlantique ! Il va finir en asado (barbecue)…

C’est l’occasion de vous montrer des nouvelles photos de l’internat

 

Première blague comprise en espagnol, merci à Ary:
Je vais tenter la traduction :

C’est un homme qui voyage seul et il frappe à la porte d’une ferme isolée :
« Hola, soy Paraguayo y vengo para matarte ! (Bonjour, je suis paraguayen et je viens pour te tuer)
- Para que ? (Pour quoi ?)
- Paraguayo ! »

Je ne sais pas trop ce que ça rend comme ça, mais ça nous a fait bien rire.

 

Hier, première tempête tropicale.
Pluie diluvienne, les éléments se déchaînent, le ciel est d’un blanc sinistre, le vent glace d’effroi et la tempête pénètre les cœurs. Déluge, vent, tonnerre et gris terrible, sinistre et beau, déchaînement, déferlement et chaque souffle se retient devant la tourmente.

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Au travail, vision d’apocalypse


Mieux vaut tard que jamais…

De la harpe paraguayenne aux sushis en passant par un train désaffecté, moments importants de notre vie ici…


Tout commence par un passage à l’alliance française le vendredi matin du WE dernier (eh oui, on date un peu, mais c’est qu’on profite !), histoire de voir ce qu’il s’y passe (à l’alliance française, parce qu’avec toutes ces parenthèses, je vais finir par vous perdre). Ah tiens, justement, ce soir (à l’alliance française, toujours, suivez un peu !), il y a un concert de harpe paraguayenne donné par une japonaise (normal, encore le mélange des nationalités !), depuis le temps qu’on nous en parle de cette fameuse harpe, elle est même dessinée sur notre téréré… Une journée de travail, une belge et un colombien plus tard, nous voilà tous les 4 au concert ; verdict : la harpe paraguayenne, c’est magnifique, nous sommes unanimes, mais ça peut aussi bien donner envie de danser que… de dormir ! Bon au final, on s’en fout, mais alors…le buffet offert à la fin ! Des sushis et des makis à tomber par terre (oui, il y avait beaucoup de japonais du coup) et champagne pour tout le monde ! C’est ce qu’on appelle être au bon endroit au bon moment.

Suite et fin de la soirée à Planta Alta, un bar d’artistes roots-underground où il se passe pas mal de choses mais où tout commence toujours très en retard. Ce soir là, concert de musiciens brésiliens finissant en impro’ a capella autour de percussions, des moments comme on les aime…


Le lendemain matin…
Découverte notable de la journée : le premier train à circuler en Amérique du Sud en 1857 était paraguayen !
Mauvaise nouvelle : le ferrocaril a cessé de parcourir le pays en 2007.
Bonne nouvelle : il est exposé près du jardin botanique et surtout… on peut rentrer dedans si on cherche bien (ce qu’on a fait). Il donne beaucoup d’idées, on hésite encore entre tourner un western ou y faire una fiesta clandestina !

[…] ceci symbolise la soirée… Vamos a bailar, borrachas, on n’en saura pas plus.

Le dimanche de ce même WE (celui d’avant donc, puisqu’on est en retard d’une semaine si vous aviez suivi…) lever difficile pour certains, mais départ à Aregua pour d’autres, une petit ville très jolie qui a l’avantage d’avoir un lac et une fête de la fraise, à 2h d’Asunción en colectivo.

Pour voir les photos : WE Jardin Botanique Ferrocaril Aregua

Mais et depuis, me direz-vous ?


Les Barbarades* – Episode 2

Ou les aventures d’une autre galérienne…

Il était une fois une saïenne qui avait décidé de s’installer au Paraguay…
l’histoire pourraît continuer simplement,
mais ça donne ça:

 

Barbara: yeah! Il y a bientôt un congrès sur l’enviro en République Dominicaine, ce serait génial d’y aller..mais le billet est un peu cher…
On pourrait peut être y aller en bus?

 

Barbara au bureau: plein de dynanisme pour le premier jour de projet, ça y est l’ingénieur hydrologue paraguayen est là, on va pouvoir commencer! Barbara, pleine de bonne volonté voit que l’on galère à tout comprendre et entreprend de faire la traductrice:

et voilà qu’elle se met à parler français au paraguayen et à nous parler espagnol…

 

 

* barbarade: n.f. singulier (utilisé plus souvent au pluriel), événement soudain, imprévu et totalement improbable que seule une Barbara peut créer. Les français ont leur Gaston Lagaffe, les paraguayens ont trouvé Barbara.


Los colectivos, une aventure quotidienne !

Ou comment être sûres de ne pas tomber dans la routine…

En arrivant, une française (que l’on ne reverra d’ailleurs…pas) nous avait prévenu: « Les bus, ce n’est pas une valeur sûre, je ne vous le conseille pas »
Il y a ceux qui disent ça et…ceux qui vivent vraiment le Paraguay, car rien de mieux que les bus pour sentir, respirer la vie et finalement comprendre un peu ce pays…


Alors on l’a pris le bus, enfin …on a couru après!
Et oui, le bus…c’est toute une aventure, talons et autres pilotis s’abstenir! (ça pour le coup, ça va)
Allez, c’est parti…

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Mais une première question, qui a son importance, se pose : où le prendre? Tout bon français s’avancerait vers le poteau qui ressemble à un arrêt de bus et regarderait le trajet indiqué ; ici, c’est à oublier. Pauvres poteaux si inutiles! Quelqu’un de très ingénieux a dû penser un jour que ceux-ci pourraient organiser le réseau et puis, il a dû mourir et tout ça est resté là, pour la mémoire et pour la forme (pour les touristes aussi, oh suis je bête…il n’y a pas de touriste au Paraguay)

Le bus se prend où l’on veut, il suffit de connaître son trajet et pour cela…seule l’expérience peut aider. Une carte du réseau? Pour quoi faire? Ce serait trop facile…

On se met donc sur son chemin et, lorsqu’il arrive, une montée d’adrénaline se fait sentir, on agite le bras en espérant très fort que le chauffeur nous verra et qu’il s’arrêtera (on se souviendra de la fois où le bus ne s’est pas arrêté et qu’une quinzaine de mec l’a sifflé jusqu’à ce qu’on puisse monter dedans).

Qu’il s’arrête ? C’est un bien grand mot, qu’il ralentisse assez pour que l’on puisse sauter dedans, deux secondes, top chrono !


Et là, un autre monde s’offre à nous…
Un écosystème à lui-même, différent pour chaque bus, chacun ses tentures, ses décos, ses gris-gris…il en faudra du temps pour s’en lasser…

Tout d’abord, il y a le chauffeur, un être exceptionnel qui arrive à rendre la monnaie tout en tendant le ticket…le tout le regard sur la route, prêt à slalomer entre les voitures pour doubler un autre bus, une main toujours sur le klaxon. A se demander si ces êtres n’ont réellement que deux mains.

Qu’on ne me dise plus que les mecs ne sont pas capables de faire deux choses à la fois !
Vient un moment calme sans arrêt ? Une accélération un peut trop longue ? Le chauffeur se sent tout démuni et ne sait que faire de ses douze mains, il se met alors à faire ses comptes, à ranger sa monnaie, tout en buvant son téréré et racontant ses dernières péripéties.

Mais il y a toujours l’exception qui confirme la règle: ce matin, nous avons eu le droit au chauffeur qui ne fait rien d’autre que regarder la route et qui se prend un autre bus…ça, c’est fait.

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Le bus…ses violentes secousses qui empêchent de tenir debout et nous transforment en albatros, ce bruit incessant qui coupe court à toutes conversations et oblige le voyageur à ne rien faire, à observer, poser son regard sur ce qu’il ne regarderait pas en temps normal et à se retrouver face à lui-même et…à la vie, et quelle vie !

Entre le chauffeur et ses quarante douze mains, les arbres et les maisons tout en couleurs, les gens qui s’activent de partout, les térérés ici et là, les marchands de fruits au bord de la route, les vendeurs de tout et de rien qui sautent dans le bus en marche pour sauver notre gosier qui se lasse ou notre ventre qui crie famine: chipas (mmmmh! …voir prochain article « et la nourriture, ça donne quoi? »), chewing gums en tout genres, pommes, poires, stylos, papiers, jus, coca, billets de loto, parapluies,… baramines.


Les Barbarades* – Episode 1

Ou les aventures d’une autre galérienne…

La voici, la voilà, la tant attendue page spéciale barbarade, où l’on apprend que finalement on ne galère pas tant que ça, il suffit de relativiser…
Voici venu le temps des rires et des…catastrophes (il faut parfois savoir appeler les choses pour ce qu’elles sont…)

Il était une fois une saïenne qui avait décidé de s’installer au Paraguay…
l’histoire pourraît continuer simplement,

mais ça donne ça:

 

26/08: 7ème Congrès annuel paraguayo de ingeneria sanitaria y ambiental. Toute la clique enviro est présente, chercheurs, laboratoires, entreprises, associations, ministres….et bien plus encore. Deux jours d’exposés et tables rondes pour faire le point sur la situation au Paraguay et pour réaliser le chemin qu’il reste à faire…
Barbara se retrouve à être la rapporteuse, le principe est simple: faire le résumé des différents exposés pour pouvoir être à même de faire la conclusion le lendemain. Simple?

Pas tant: la veille, Barbara cherche desespéremment de quoi être présentable, et merde! Plus rien de propre, un petit coup de déo, un coup de repassage et ça le fera tu crois? plus qu’à prendre les lunettes, histoire de bien voir les présentation ppt…ah ben non, Marco vient de marcher dessus, la branche qui pendouille là, tu crois que ça se verra?

Le congrès commence, Barbara se retrouve à un bout de la tribune, et quelle tribune! de profil…tellement seule les premières minutes…(ah si on avait pu prendre une photo).

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Table du congrès, imaginez une française seule derrière les (magnifiquements kitsches) fleurs

Le fil qui tombe du pantalon là c’est…un trou de 3cm de large, son pantalon est en train de se désagreéger …du mauvais côté, tout le monde lui fait signe, Barbara c’est chaud ce qu’il t’arrive…sans succès! 15 présentations, 2 tables rondes de 5 personnes chacunes plus tard…ayaah, va falloir qu’elle bosse tard pour rédiger tout ça. ..et lever 6h pour recommencer…

Manque de café, manque de bol: Barbara s’endort à la tribune.

* barbarade: n.f. singulier (utilisé plus souvent au pluriel), événement soudain, imprévu et totalement improbable que seule une Barbara peut créer. Les français ont leur Gaston Lagaffe, les paraguayens ont trouvé Barbara.


Un samedi à Asunción

Lever tôt pour une visite de la décharge municipale, la Cateura, dans le cadre d’un congrès sur l’environnement organisé cette semaine (je fais d’ailleurs une parenthèse pour faire remarquer que les paraguayens ont décidément un problème avec l’air conditionné et affectionnent tout particulièrement passer de 30 degrés dehors à 10 degrés à l’intérieur…bueno). Après une légère attente à la mode d’ici (2 heures, à peine, quelle mauvaise langue je fais), nous voilà embarquées avec de parfaits inconnus pour un power-point interminable vantant les améliorations de la décharge depuis sa reprise par une entreprise. Nous avons quand-même pu la visiter ensuite (voir photos). Un des grands enjeux du moment est de sensibiliser la population au tri sélectif, défi loin d’être gagné. Plus de 1000 personnes survivent en travaillant à la décharge ; un tri en amont pourrait améliorer leurs conditions de travail mais aussi leur être préjudiciable en bouleversant un équilibre fragile.

Le fleuve passe juste à côté des énormes talus de déchets… Le fleuve d’où provient l’eau potable… C’est juste ce qu’il nous faut pour aller avec nos poumons encrassés de pollution !

A la Cateura
Album : A la Cateura
Décharge municipale d'Asunción, juste derrière l'université.
12 images
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Après, avec les parfaits inconnus qui ne l’étaient plus (la classe de 2ème année d’environnement-nous on suit les cours de 3ème année), nous sommes montés sur la collinette (une vrai montagne ici, 100m d’altitude au moins, la seule en fait): Cerro Lambare, sur laquelle nous avons pu avoir un aperçu d’Asunción vu d’en haut, à travers la fumée dense qui plane en ce moment sur la ville (pollution, mais surtout incendies énormes dans le Chaco au Nord-comme en Russie en fait, sauf que le Paraguay, personne n’en parle). Impression étrange… Pour n’importe quelle autre ville, on aurait pu dire « oh, regarde, là, la tour Machin, le pont Truc, oh on habite là ! ». A Asunción, il y a juste… rien. On aperçoit à peine quelques maisons, qui ont poussé entre les arbres, tant bien que mal.

Pas de droits sur l'album 197776

Le samedi après-midi se poursuit par un petit tour à deux au Mercado Cuatro… Oh là là… Mercado 4 ou un kilumbo (bordel en guarani) innommable ! Un mix entre marché, zone commerciale, souk, tout ça sur des milliers de mètres carrés. Les photos ne peuvent pas rendre cette impression de pouvoir trouver tous les objets que pourrait inventer l’imagination (mis à part, café, chocolat et vêtements de bon goût, cela va sans dire), cette impression de foule grouillante, de flashs de couleurs, d’odeurs et de bruits. Une bonne heure plus tard, nous voilà repartie avec un magnifique thermos à terere, pour «pouvoir survivre en été» comme le dit si bien Anaïs.

Mercado Cuatro
Album : Mercado Cuatro
Le souk d'Asunción ! Prenez-en plein les yeux !
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La soirée n’est pas à raconter à part un détail peut-être : nous sommes tombées dans un monde où les gens sont riches et sortent en boîte classe. Projet : élargir la rencontre.


La vie au Paraguay, quelques petites choses à savoir…

C’est ici qu’on apprend enfin ce qu’est le « terere ». A proprement parler, il s’agit plutôt d’une boisson, mais ce mot recouvre tout un concept au Paraguay ! On met tout d’abord de la glace dans un récipient de forme ronde, une sorte de glacière en forme de mini tonneau ; puis on remplit le petit verre l’accompagnant de Yerba Mate, des herbes en fait. Puis, régulièrement, on verse la glace fondue dans le verre et on boit à l’aide d’une paille/cuillère filtrant l’herbe. Ce qui donne une boisson très rafraîchissante se rapprochant d’un thé glacé et indispensable par les temps qui courent (l’été arrive, help !). Le concept du terere est le partage : une personne apporte le terere (le récipient) et sert l’eau dans le verre, puis chacun boit à tour de rôle, le possesseur du terere resservant de l’eau à chaque fois.

Ce qui nous amène à l’information suivante. A notre arrivée, le 14 août, nous avons bu des bières glacées dehors le soir, et, oui, nous avons eu très froid. Mais depuis ? Eh bien, à 9h du matin il fait déjà 25°C, 40°C au plus fort de la journée, et pas moins de 35°C à la tombée de la nuit. Seuls les soirs sont agréables. Rien que de très normal… sauf que nous sommes en hiver. Et l’été arrive ! Les paraguayens nous regardent tous avec pitié quand ils savent que nous restons jusqu’en décembre où le taux d’humidité avoisine les 98%.

Découverte dont on ne se remet encore qu’à peine (enfin, plutôt Myriam) : ici, on ne met pas le papier toilette dans la cuvette des WC, mais dans la poubelle à côté ! Perturbant, et surtout habitude extrêmement difficile à prendre.

Pour finir, nous tenons à vous apprendre une nouvelle expression, vitale : faire de l’eau.
Faire de l’eau, vb, étym. facer aqua : mettre une pastille dans l’eau du robinet afin de pouvoir boire. « Anaïs, t’as pensé à faire de l’eau ? ». Voir aussi survivre.


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