Deux géoliennes au Paraguay


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Week-end de construction avec « Un Techo Para Mi Pais »

Un Techo Para mi Pais (un toit pour mon pays) est une organisation latino-américaine crée au Chili en 1997. A l’époque, un groupe de jeunes étudiants provenant d’universités diverses construisent, grâce à des donations, 350 logements d’urgence au sud du Chili. Suite à cette opération, naît en 2001 le projet « Un Techo para Chile ». Cette méthode de travail s’est développée dans d’autres pays d’Amérique Latine, avec les familles en situation de pauvreté. Aujourd’hui l’association est présente dans 12 pays d’Amérique latine, au Chili, Equateur,  Guatemala, Paraguay, Uruguay, Argentine, Mexique, Pérou, Salvador, Colombie, Costa Rica et Brésil, et plus de 35 000 logements d’urgence ont déjà été construits.

Voilà pour l’historique. Ayant donc entendu parler d’un chantier de construction sur un WE, j’ai sauté sur l’occasion, envie de découvrir cela de plus près ; nous voilà donc parties avec deux amies, Mar et Kathy, pour deux jours au cœur du Paraguay, dans les deux mondes si différents : celui des jeunes « bourges » d’Asunción et celui du bidonville Bañado Sur. 

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Assez curieuse de voir ce que ça allait donner. J’espérais que ce n’était pas « Bonjour on vient vous sauver ». Tout le monde m’avait dit que ça allait être éprouvant physiquement : travail, fatigue, chaleur… Ça l’a été. Ce fut une expérience très intéressant, surtout le contact avec la famille pour laquelle on construisait. La femme ne parlait que guarani mais les enfants ainsi que le père, qui a construit avec nous tout le WE, parlaient castellano. On peut voir sur les photos leur « maison » telle qu’elle était avant. Le contact avec les gens de mon groupe fut moins enrichissant, mais ce fut également la découverte (ou l’approfondissement de cette découverte) d’un autre monde. Ce sont, pour la plupart, les riches d’Asunción qui viennent faire leur bonne action, montrer de quoi ils sont capables (« oh mon dieu, il n’y avait pas de douches, on a été dans le bidonville, oh quel courage, quel altruisme ! »…), « remplir le rêve d’une famille » et passer un bon moment ensemble. Ça part d’une bonne intention mais il n’y a pas de fond, et on n’a pas eu de discussions très poussées. En tout cas, pas vraiment avec eux. Evidemment, il ne faut pas blâmer cette intention, car c’est toujours mieux que de ne rien faire, comme la plupart des autres. Je me sentais bien avec les habitants du Bañado, à ne pas brûler les étapes, à boire le tereré avec eux. Mais bon, je ne sais pas s’ils sont vraiment heureux. C’est des conditions de grande pauvreté. Les enfants sont très souriants, mais dès l’adolescence, les problèmes commencent : marginalisation, drogue…

Ayant constaté un manque de réflexion de la part des volontaires (pas des responsables), j’ai voulu m’intéresser un peu plus au fonctionnement de l’association. Je retransmets ici un article de « d e t o i e n t o i t », un blog créé par 3 jeunes architectes en Amérique Latine, à la recherche de solutions durables pour l’habitat.

« Quel intérêt peut avoir l’habitat d’urgence d’un point de vue social ? En effet, la première réaction face à ce type d’habitat est le rejet d’un concept qui semble se situer à l’opposé du développement durable : un logement intermédiaire, uniquement palliatif, en attente d’une solution meilleure qui n’est jamais sûre d’arriver. Pourtant, le but est de responsabiliser les familles concernées pour qu’elles puissent sortir d’un état permanent de précarité par leurs propres efforts, pas à pas, étape par étape, et passer d’une maison éphémère en bois à une maison définitive et durable.

Ainsi, théoriquement, la construction de l’habitat d’urgence n’est qu’une première étape qui demande à être complétée par deux autres. La deuxième étape consiste en des tables rondes avec les  habitants et les leaders de la communauté, destinées à créer une dynamique de travail commun et de production, et à générer des revenus pour que les familles puissent postuler à la troisième étape, celle des microcrédits en vue de la construction d’un habitat définitif.

Jusqu’à présent, seulement quatre pays où est implanté Un techo para mi país vont jusqu’au bout du programme.

Il est important que les familles ne considèrent pas cette aide comme un cadeau mais comme quelque chose d’acquis par leurs propres moyens, et qu’elles aient une sorte de satisfaction personnelle suite aux efforts fournis, pour les inciter à continuer dans ce sens. Ainsi, l’association leur demande plus ou moins 10 % du coût de la construction.  

Cependant, pour parvenir à aider les personnes en situation de pauvreté extrême, cette obligation financière peut être remplacée en partie par une participation active lors de la construction des maisons avec les volontaires venus du continent entier.

L’association fait face à d’autres coûts importants et est sans cesse en recherche de sponsors ou partenaires. Ces aides institutionnelles ou de la part d’entreprises, des donations spontanées et la mobilisation de jeunes bénévoles permettent ainsi le passage de l’idée à la réalisation, et la construction de nombreuses maisons de 18m2. »

 

Conclusions personnelles : expérience riche, en rencontres et en découvertes, sous la chaleur écrasante du soleil paraguayen, et qui me laisse avec un goût de trop peu, d’impuissance devant toutes les familles vivant encore dans la précarité, et devant ses enfants souriants dont la plupart ne pourront pas suivre une scolarité normale. Avenir bien sombre.

Photos de la construction


  1. Manu54 écrit:

    comme tu l’as dit, l’important se situe aussi au niveau de la rencontre pour que ces gens sentent qu’ils ne sont pas complétement abandonnés et qu’ils réalisent que leur situation compte pour certains.

    Citer | Posté 7 décembre 2010, 15:35

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