Deux géoliennes au Paraguay


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Ingénieurs Sans Frontières, hasta siempre !

Même à distance, nous continuons de suivre et de soutenir activement l’association Ingénieurs Sans Frontières (dont nous sommes toutes les deux membres), qui a lancé cette rentrée (associée au CRID, Centre de Recherche et d’Information pour le Développement) la campagne Une Seule Planète, en partenariat avec de nombreuses ONGs et associations du monde entier, afin de sensibiliser les citoyens et d’interpeller les décideurs sur les enjeux d’une gestion durable des ressources naturelles pour le développement de tou(te)s. Nous vous invitons à aller sur le site du programme et de la campagne Une Seule Planète qui vous présentera au mieux de quoi il est question.

Voici aussi  (et surtout) une vidéo réalisée dans le cadre du projet Echo des Alternatives et soutenu par Une Seule Planète:
http://www.uneseuleplanete.org/spip.php?article239

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Vous pourez ainsi comprendre un peu mieux ce qu’on fait en ce moment (et pourquoi) au Paraguay. L’association Sobrevivencia (groupe local de l’association Les Amis de la Terre), interviewvée au Paraguay, est un des organes avec lesquels on travaille en ce moment. Par ailleurs, vous aurez une vision de ce que l’on a pu voir en nous promenant dans la baie de la Plata, dans l’agglomération de Buenos Aires…c’est bel et bien des millions de poissons morts ou à moitié qui bouchent les canaux de la municipalité de Tigre et des villes alentours.


Quelques photos ?

Si on montrait un peu nos têtes ?

Voilà tout d’abord les photos d’un après-midi pas loin d’Asunción, à Takété Kwé, sur une île étrange dont le seul intérêt était de nous sortir un peu de la ville. Multiculturel avec Mar, anglo-espagnole, Kathy, autrichienne, et Vincent, québécois. Photos ici !

Puis les photos de notre expédition aux ruines jésuites du sud  du Paraguay. « Les Missions jésuites du Paraguay sont à la fois une entreprise de mission catholique telle qu’il en a existé d’innombrables à partir du XVIe siècle, et un véritable État théocratique gouverné par les Jésuites où ces derniers ont mis sur pied entre 1609 et 1763 une organisation sociale « utopique » sans équivalent dans l’Histoire. La zone géographique de ces missions est à cheval sur les États contemporains du Paraguay, de l’Argentine, du Brésil et de l’Uruguay. Les ruines de Santísima Trinidad de Paraná sont classées patrimoine mondial par l’UNESCO depuis 1993. »
Voilà pour l’histoire, voici pour les photos !


Et le projet dans tout ça ?

Les photos de notre sortie !

Et oui, on vous parle du Paraguay, de nos voyages et péripéties, on vous montre de belles photos mais c’est oublier un léger détail: le projet. Car c’est à lui que l’on consacre la majeure partie de notre temps (et non, on ne fait pas que du tourisme!).

Un petit bilan s’impose, car comme tout projet bien vivant, il change, se recontextualise suivant les disponibilités et surtout les moyens. Faisons donc le point :

Nous travaillons au sein du centre d’investigations (CTA) de l’Université Catholique d’Asunción autour de deux projets :

Le premier a pour but de modéliser le bassin versant de la capitale Asunción, qui se nomme Yukyry. Dans un premier temps, on se concentre sur la partie hydrologie superficielle. Ce qui veut dire concrètement, modéliser, grâce aux caractéristiques et aux données d’occupation du sol, les écoulements superficiels afin de pouvoir simuler des scénarios plus ou moins catastrophes. Ce modèle sera mis à disposition de la SENASA,  Servicio Nacional de Saneamiento Ambiental , organisme public qui s’occupe de la gestion de l’eau. On vous épargnera les détails aujourd’hui: on dessine le bassin versant, on cherche ou calcule les données d’entrées, on les trouve plus ou moins, et on calibre…on y arrive mas o menos mais on a l’espoir.
Vous aurez droit à un peu plus de précisions plus tard, dans un autre article.
Qualités pré requises : persévérance et…patience,
(ah ben pour le coup c’est raté…)

On s’étendra un peu plus aujourd’hui sur le deuxième projet :
Pourquoi un article sur l’impact de la culture intensive du soja au Paraguay ? Ce n’est pas si anodin…
mais bien pour que vous ayez en main toutes les clés pour comprendre la situation… et notre projet.

Nous avons emporté dans nos bagages un kit de mesures du taux de glyphosate dans les eaux superficielles. Celui-ci est facile à utiliser : il suffit de prélever correctement des échantillons d’eau et en une demie journée de chimie pour les nuls, il est possible de déterminer la concentration en glyphosate dans l’eau. Il est aussi possible par l’intermédiaire d’autres réactions chimiques, de déterminer le taux de glyphosate fixé dans le sol.
Le seul hic est le coût de ce « précieux » : plus de 2000 euros, rien que ça pour 80 mesures, sachant qu’il faut en faire au moins deux pour chaque point, cela limite beaucoup le nombre d’échantillonnage possibles…Nous n’avons donc pas droit à l’erreur.
L’idée est de demander des financements pour d’autres réactifs dans le cas où la contamination par le glyphosate serait mise en évidence. Ceci afin de faire une étude plus complète.
Mais avant ça, il faut bien commencer avec ce que l’on a.

Pourquoi un tel kit? L’idée est d’appuyer les ONG et associations locales dans leur lutte contre l’agrobusiness et d’apporter des preuves de contaminations de l’eau. Qui dit contamination de l’eau, dit impacts sur l’environnement mais aussi et surtout sur la santé des campesinos et communautés indigènes qui vivent juste à côté des champs de soja. Ce n’est pas grand-chose, certes, mais c’est déjà cela. Et petit à petit, ajouté aux autres études qui sont faites, il sera peut être possible de faire pression sur le gouvernement et même alerter les institutions internationales par l’intermédiaire de l’UNICEF…
Du pessimisme actif, on avait dit…

Dans un premier temps, l’objectif est donc d’identifier les acteurs (ONGs, associations, organisations de campesinos) intéressés par le projet et les plus à même de faire bon usage des données, puis de déterminer avec eux les zones d’études les plus pertinentes.

Un partenariat a été ainsi mis en place entre l’UNICEF et le CTA: l’UNICEF finance les sorties terrains en échange de quoi nous lui mettons à disposition les résultats de nos études terrains (mise en valeur des points critiques, échantillonnages, analyses, résultats, interprétations, recommandations).
Nous avons également contacté l’institution Base Investigationes Sociales, un centre de recherche qui se consacre à la production et à la diffusion de connaissances sur la réalité paraguayenne, dans le but de contribuer à la construction d’une société « sustentable », équitable et solidaire. Elle se donne pour objectif de mettre en lumière les problèmes sociaux, économiques et politiques existants en zone rurale et met à disposition des outils de formations et d’accompagnements adaptés pour y répondre. Ceci notamment par la mise en place, le renforcement et la mise en réseaux des organisations paysannes locales.
L’article sur le soja publié précédemment s’appuie en grande partie sur une de leurs études. Celle-ci a été effectuée dans une zone critique: la communauté guaranie Campo Agua’e (ce qui signifie « devant ») qui se situe dans le département de Canindeyu, au Nord Est du pays. Cette région n’a été « colonisée » par l’agrobusiness que récemment. Contrairement à la région sud orientale qui s’est bien organisée autour de syndicats de paysans relativement solides, il n’existe pas encore d’organisations campesinas dans cette partie du Paraguay. Ce qui rend les impacts de l’agriculture intensive du soja d’autant plus forts.
Il a été donc décidé d’un commun accord qu’il était nécessaire de faire une étude de la qualité de l’eau dans cette communauté, qui souffre particulièrement de l’agriculture du soja transgénique. Cette étude viendra en complément des différentes études sociaux-économiques menées en parallèle.
Par ailleurs, nous avons pris contact avec Sobrevivencia, le groupe local de l’association internationale Les Amis de la Terre (à noter qu’ISF dont nous sommes toutes les deux membres travaille souvent, ou du moins reste en contact permanent avec les Amis de la Terre France) qui travaille pour la conservation , la restauration et la gestion durable de l’environnement ainsi que pour la défense des droits fondamentaux et l’intégrité des communautés.
Sobrevivencia effectue en ce moment le même type d’études que BaseIS mais dans la communauté Luz Bella, qui se situe dans le département de San Pedro.

 

Nous décidons donc de nous concentrer sur ces deux zones d’études : Campo Agua’e et Luz Bella.

Dans un premier temps, à l’aide des données géographiques, topographiques et hydrologiques (et grâce notamment au logiciel ArcView), nous étudions les deux bassins versants, ceci afin de mettre en valeur les zones critiques… tout ça demandant évidemment confirmations sur le terrain.

3h du matin: nous voici donc prêtes, tubes d’échantillonnages et glacière en mains, pour 5 longues heures de bus (encore) à destination de Curuguaty, ville la plus proche de la communauté Campo Agua’e. Nous devons y rejoindre Richard et Milena, salariés de BaseIS , qui sont alors là bas pour soutenir la communauté dans un procès intenté contre un des plus gros « sojero » de la région.
C’est après un autre voyage en 4*4 que nous arrivons avec eux dans la partie centrale de la communauté, c’est-à-dire le quartier où vit le chef Lucio…
un autre monde s’offre à nous…

 

Des champs à perte de vue et à peine quelques arbres pour fixer le regard. Deux maisons en bois, toits de paille. Plus loin, trois autres. Et de l’autre côté du champ, au loin, on en aperçoit encore deux. Combien sont-elles ?
Bienvenue dans la communauté indigène Campo Agua’e.
Les hommes, chefs de famille, s’approchent avec des chaises, eux parlent espagnol. On s’installe autour d’un tereré, en expliquant le but de notre venue. Les femmes ne parlent que guarani. Quand nous y sommes retournées pour la deuxième fois, perdues, n’arrivant pas à retrouver la maison du chef, Lucio, nous n’avons pas réussi à communiquer avec elles. Les enfants qui sont allés à l’école ont quelques notions de « castellano » (espagnol). Ils vivent ici depuis toujours ; aller à la ville signifie le bourg d’à côté, Curuguaty. Asunción est un autre monde, bien loin d’ici.
Des cultures de manioc, de pomme de terre, des fruits, des porcs et des gallinacées : canards,  poules, coqs…
Le temps semble s’être suspendu sur les scènes dont nous sommes témoins.
Un hamac balance, les braises rougeoient, les enfants poussent des pneus avec des bâtons.
Un tracteur, puis un énorme 4*4 passent dans le champ à côté, nous rappelant encore la raison de notre venue.

Du soja à perte de vue…
à seulement quelques mètres des maisons, de l’école où vont 35 enfants
sans barrière végétale (ou seulement sur une partie)
jusque sur les bas côté de la route départementale qui passe à proximité de Campo Agua’e,
jusque sur la route sûrement, s’il n’y avait toutes ses voitures…


Le quartier Bañado Sur

Nous avons déjà évoqué l’existence de ce bidonville en bordure d’Asunción dans l’article sur les déchets et dans celui sur la construction Un Techo Para Mi Pais. C’est seulement après plus de 2 mois ici que les occasions de le découvrir se sont multipliées ; durant le WE de construction d’abord, puis par la rencontre avec un volontaire québécois, Vincent Lagrange, qui vit dans le Bañado afin d’y développer une zone de communication (http://banadosur.blogspot.com/) et enfin grâce à une amie, Mar, qui faisait un stage de dentiste dans un dispensaire.
Nous avons pu nous y rendre notamment lors d’un spectacle de cirque gratuit organisé pour les enfants. Les photos sont toutes ou presque de Vincent, principal organisateur de l’évènement. Il nous a ensuite présentées à Ña Lila, une jeune poétesse de 64 ans, dont un des poèmes figure dans l’article sur les déchets. Cette rencontre fut, une fois de plus, très riche.

J’en profite pour apporter un complément d’information à l’article sur les déchets à l’aide de cet article très intéressant décrivant les conditions de travail des recycleurs : http://www.unionlibre.net/vol6_no1/les_exclus_du_systeme_economique


Week-end de construction avec « Un Techo Para Mi Pais »

Un Techo Para mi Pais (un toit pour mon pays) est une organisation latino-américaine crée au Chili en 1997. A l’époque, un groupe de jeunes étudiants provenant d’universités diverses construisent, grâce à des donations, 350 logements d’urgence au sud du Chili. Suite à cette opération, naît en 2001 le projet « Un Techo para Chile ». Cette méthode de travail s’est développée dans d’autres pays d’Amérique Latine, avec les familles en situation de pauvreté. Aujourd’hui l’association est présente dans 12 pays d’Amérique latine, au Chili, Equateur,  Guatemala, Paraguay, Uruguay, Argentine, Mexique, Pérou, Salvador, Colombie, Costa Rica et Brésil, et plus de 35 000 logements d’urgence ont déjà été construits.

Voilà pour l’historique. Ayant donc entendu parler d’un chantier de construction sur un WE, j’ai sauté sur l’occasion, envie de découvrir cela de plus près ; nous voilà donc parties avec deux amies, Mar et Kathy, pour deux jours au cœur du Paraguay, dans les deux mondes si différents : celui des jeunes « bourges » d’Asunción et celui du bidonville Bañado Sur. 

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Assez curieuse de voir ce que ça allait donner. J’espérais que ce n’était pas « Bonjour on vient vous sauver ». Tout le monde m’avait dit que ça allait être éprouvant physiquement : travail, fatigue, chaleur… Ça l’a été. Ce fut une expérience très intéressant, surtout le contact avec la famille pour laquelle on construisait. La femme ne parlait que guarani mais les enfants ainsi que le père, qui a construit avec nous tout le WE, parlaient castellano. On peut voir sur les photos leur « maison » telle qu’elle était avant. Le contact avec les gens de mon groupe fut moins enrichissant, mais ce fut également la découverte (ou l’approfondissement de cette découverte) d’un autre monde. Ce sont, pour la plupart, les riches d’Asunción qui viennent faire leur bonne action, montrer de quoi ils sont capables (« oh mon dieu, il n’y avait pas de douches, on a été dans le bidonville, oh quel courage, quel altruisme ! »…), « remplir le rêve d’une famille » et passer un bon moment ensemble. Ça part d’une bonne intention mais il n’y a pas de fond, et on n’a pas eu de discussions très poussées. En tout cas, pas vraiment avec eux. Evidemment, il ne faut pas blâmer cette intention, car c’est toujours mieux que de ne rien faire, comme la plupart des autres. Je me sentais bien avec les habitants du Bañado, à ne pas brûler les étapes, à boire le tereré avec eux. Mais bon, je ne sais pas s’ils sont vraiment heureux. C’est des conditions de grande pauvreté. Les enfants sont très souriants, mais dès l’adolescence, les problèmes commencent : marginalisation, drogue…

Ayant constaté un manque de réflexion de la part des volontaires (pas des responsables), j’ai voulu m’intéresser un peu plus au fonctionnement de l’association. Je retransmets ici un article de « d e t o i e n t o i t », un blog créé par 3 jeunes architectes en Amérique Latine, à la recherche de solutions durables pour l’habitat.

« Quel intérêt peut avoir l’habitat d’urgence d’un point de vue social ? En effet, la première réaction face à ce type d’habitat est le rejet d’un concept qui semble se situer à l’opposé du développement durable : un logement intermédiaire, uniquement palliatif, en attente d’une solution meilleure qui n’est jamais sûre d’arriver. Pourtant, le but est de responsabiliser les familles concernées pour qu’elles puissent sortir d’un état permanent de précarité par leurs propres efforts, pas à pas, étape par étape, et passer d’une maison éphémère en bois à une maison définitive et durable.

Ainsi, théoriquement, la construction de l’habitat d’urgence n’est qu’une première étape qui demande à être complétée par deux autres. La deuxième étape consiste en des tables rondes avec les  habitants et les leaders de la communauté, destinées à créer une dynamique de travail commun et de production, et à générer des revenus pour que les familles puissent postuler à la troisième étape, celle des microcrédits en vue de la construction d’un habitat définitif.

Jusqu’à présent, seulement quatre pays où est implanté Un techo para mi país vont jusqu’au bout du programme.

Il est important que les familles ne considèrent pas cette aide comme un cadeau mais comme quelque chose d’acquis par leurs propres moyens, et qu’elles aient une sorte de satisfaction personnelle suite aux efforts fournis, pour les inciter à continuer dans ce sens. Ainsi, l’association leur demande plus ou moins 10 % du coût de la construction.  

Cependant, pour parvenir à aider les personnes en situation de pauvreté extrême, cette obligation financière peut être remplacée en partie par une participation active lors de la construction des maisons avec les volontaires venus du continent entier.

L’association fait face à d’autres coûts importants et est sans cesse en recherche de sponsors ou partenaires. Ces aides institutionnelles ou de la part d’entreprises, des donations spontanées et la mobilisation de jeunes bénévoles permettent ainsi le passage de l’idée à la réalisation, et la construction de nombreuses maisons de 18m2. »

 

Conclusions personnelles : expérience riche, en rencontres et en découvertes, sous la chaleur écrasante du soleil paraguayen, et qui me laisse avec un goût de trop peu, d’impuissance devant toutes les familles vivant encore dans la précarité, et devant ses enfants souriants dont la plupart ne pourront pas suivre une scolarité normale. Avenir bien sombre.

Photos de la construction


Noël

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Quand les douches froides au cœur de la nuit ne rafraichissent plus, quand chaque cellule de ton corps sue… C’est NOËL !

 


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