Deux géoliennes au Paraguay


Un samedi à Asunción

Lever tôt pour une visite de la décharge municipale, la Cateura, dans le cadre d’un congrès sur l’environnement organisé cette semaine (je fais d’ailleurs une parenthèse pour faire remarquer que les paraguayens ont décidément un problème avec l’air conditionné et affectionnent tout particulièrement passer de 30 degrés dehors à 10 degrés à l’intérieur…bueno). Après une légère attente à la mode d’ici (2 heures, à peine, quelle mauvaise langue je fais), nous voilà embarquées avec de parfaits inconnus pour un power-point interminable vantant les améliorations de la décharge depuis sa reprise par une entreprise. Nous avons quand-même pu la visiter ensuite (voir photos). Un des grands enjeux du moment est de sensibiliser la population au tri sélectif, défi loin d’être gagné. Plus de 1000 personnes survivent en travaillant à la décharge ; un tri en amont pourrait améliorer leurs conditions de travail mais aussi leur être préjudiciable en bouleversant un équilibre fragile.

Le fleuve passe juste à côté des énormes talus de déchets… Le fleuve d’où provient l’eau potable… C’est juste ce qu’il nous faut pour aller avec nos poumons encrassés de pollution !

A la Cateura
Album : A la Cateura
Décharge municipale d'Asunción, juste derrière l'université.
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Après, avec les parfaits inconnus qui ne l’étaient plus (la classe de 2ème année d’environnement-nous on suit les cours de 3ème année), nous sommes montés sur la collinette (une vrai montagne ici, 100m d’altitude au moins, la seule en fait): Cerro Lambare, sur laquelle nous avons pu avoir un aperçu d’Asunción vu d’en haut, à travers la fumée dense qui plane en ce moment sur la ville (pollution, mais surtout incendies énormes dans le Chaco au Nord-comme en Russie en fait, sauf que le Paraguay, personne n’en parle). Impression étrange… Pour n’importe quelle autre ville, on aurait pu dire « oh, regarde, là, la tour Machin, le pont Truc, oh on habite là ! ». A Asunción, il y a juste… rien. On aperçoit à peine quelques maisons, qui ont poussé entre les arbres, tant bien que mal.

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Le samedi après-midi se poursuit par un petit tour à deux au Mercado Cuatro… Oh là là… Mercado 4 ou un kilumbo (bordel en guarani) innommable ! Un mix entre marché, zone commerciale, souk, tout ça sur des milliers de mètres carrés. Les photos ne peuvent pas rendre cette impression de pouvoir trouver tous les objets que pourrait inventer l’imagination (mis à part, café, chocolat et vêtements de bon goût, cela va sans dire), cette impression de foule grouillante, de flashs de couleurs, d’odeurs et de bruits. Une bonne heure plus tard, nous voilà repartie avec un magnifique thermos à terere, pour «pouvoir survivre en été» comme le dit si bien Anaïs.

Mercado Cuatro
Album : Mercado Cuatro
Le souk d'Asunción ! Prenez-en plein les yeux !
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La soirée n’est pas à raconter à part un détail peut-être : nous sommes tombées dans un monde où les gens sont riches et sortent en boîte classe. Projet : élargir la rencontre.


La vie au Paraguay, quelques petites choses à savoir…

C’est ici qu’on apprend enfin ce qu’est le « terere ». A proprement parler, il s’agit plutôt d’une boisson, mais ce mot recouvre tout un concept au Paraguay ! On met tout d’abord de la glace dans un récipient de forme ronde, une sorte de glacière en forme de mini tonneau ; puis on remplit le petit verre l’accompagnant de Yerba Mate, des herbes en fait. Puis, régulièrement, on verse la glace fondue dans le verre et on boit à l’aide d’une paille/cuillère filtrant l’herbe. Ce qui donne une boisson très rafraîchissante se rapprochant d’un thé glacé et indispensable par les temps qui courent (l’été arrive, help !). Le concept du terere est le partage : une personne apporte le terere (le récipient) et sert l’eau dans le verre, puis chacun boit à tour de rôle, le possesseur du terere resservant de l’eau à chaque fois.

Ce qui nous amène à l’information suivante. A notre arrivée, le 14 août, nous avons bu des bières glacées dehors le soir, et, oui, nous avons eu très froid. Mais depuis ? Eh bien, à 9h du matin il fait déjà 25°C, 40°C au plus fort de la journée, et pas moins de 35°C à la tombée de la nuit. Seuls les soirs sont agréables. Rien que de très normal… sauf que nous sommes en hiver. Et l’été arrive ! Les paraguayens nous regardent tous avec pitié quand ils savent que nous restons jusqu’en décembre où le taux d’humidité avoisine les 98%.

Découverte dont on ne se remet encore qu’à peine (enfin, plutôt Myriam) : ici, on ne met pas le papier toilette dans la cuvette des WC, mais dans la poubelle à côté ! Perturbant, et surtout habitude extrêmement difficile à prendre.

Pour finir, nous tenons à vous apprendre une nouvelle expression, vitale : faire de l’eau.
Faire de l’eau, vb, étym. facer aqua : mettre une pastille dans l’eau du robinet afin de pouvoir boire. « Anaïs, t’as pensé à faire de l’eau ? ». Voir aussi survivre.


Après une première semaine chargée…

Nous voilà un peu plus posées pour raconter tout ce qui nous arrive. Nous travaillons donc à l’université avec Barbara, et nous essayons pour le moment de modéliser sur ordinateur les particularités de l’aquifère Patiño, celui qui se trouve sous la ville d’Asunción.

Nous suivons en parallèle les cours d’environnement avec les élèves de 3ème année ici, ce qui correspond en gros à notre niveau : hydrologie superficielle et souterraine, sociologie de l’environnement et gestion de l’environnement ; tout ça paraissant très intéressant mais… on comprendra plus tard ! Petite anecdote : la prof de gestion nous a fait chercher « cretino » dans le dictionnaire…on n’a pas trop bien compris pourquoi, mais ce fut un moment de grande solitude !

A la Universidad Catolica de Asuncion
Album : A la Universidad Catolica de Asuncion
Les lieux où on travaille : le CTA où on avance(ra) sur le projet et la fac à proprement parler.
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Grâce à ces cours, on va pouvoir progresser en espagnol, et aussi rencontrer des gens. Notre première amiga paraguaya s’appelle Alejandra et elle s’occupe de nous comme une maman : on est sorties avec elles découvrir les bars d’Asunción, et surtout, elle nous a emmenées chez elle ce dimanche. Nous découvrons donc petit à petit comment vivent les gens ici. Elle habite une très grande maison en dehors de la ville et ses parents sont psychologue et psychiatre. Nous rencontrons pour le moment la jeunesse aisée du Paraguay (ceux qui ont la chance d’aller à l’université), mais chaque chose en son temps. Elle nous a emmenées dans la forêt derrière chez elle pour voir le fleuve Paraguay, avec un bâton pour faire fuir les boas et les pythons, mais les broussailles et les moustiques nous ont fait renoncer. Expédition plutôt inattendue mais tout a fini autour d’un terere (mais qu’est-ce qu’un terere ? ça vient, ça vient…)

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A l’internat, les rencontres sont internationales : allemands, belges, brésiliens, colombiens, paraguayens, français… On parle toutes les langues imaginables et le mélange est parfois très perturbant (sans compter les coqs de l’internat qui chantent pour tous les fuseaux horaires). Quand une belge flamande qui parle espagnol avec nous répond au téléphone avec une allemande et commence à lui parler français alors qu’elle lui parle anglais en général, ça devient tr`s compliqué. Vivement qu’on maîtrise tous l’espagnol, et, qui sait, le guarani peut-être. Comble du comble : il y a ici un paraguayen qui nous parle français…avec un accent québéquois à couper au couteau, tabernacle !

Internat évangéliste allemand !
Album : Internat évangéliste allemand !
Le lieu multiculturel où l'on dort et où l'on mange. Vous remarquerez la table du petit dèj au soleil (on profite de la chaleur encore supportable en hiver) et notre magnifique machine à laver !
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Et nous dans tout ça ?

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A la croisée des chemins…

Après avoir logé chez Barbara, l’ancienne « saïenne » qui vit ici depuis 3 ans avec son copain (fiancé !) Marco, rappeur et break-danseur professionnel, nous avons migré vers notre chez nous (pour le moment), un internat évangéliste allemand ! Eh oui… tout ça pour entrer dans les ordres ! Nous pouvons donc redécouvrir les joies du « home sweet home » dans une chambre meublée. La cuisine est commune à tout l’internat et il va falloir s’approvisionner en…tout !

A la fac, on commence le travail, on s’installe, on attend beaucoup : internet, des ordis, de comprendre… Il s’agit surtout d’un travail de recherche dont malheureusement une bonne partie se fera dans un bureau sur ordinateur. Mais on devrait aller sur le terrain de temps en temps.

Une nouvelle importante à vous transmettre : il n’y a pas de café au Paraguay ! Enfin, si, des substances noires un peu louches. Il va falloir faire avec.

On découvre petit à petit la vie ici. L’espagnol est encore très balbutiant et en voulant acheter une clé internet ce matin, on a dû battre en retraite de peur de repartir avec un abonnement téléphonique pour 4 ans. J’exagère…à peine.

La nourriture est excellente, très riche en protéines ; on a parfois des surprise : des frites et du coca compris dans le sandwich. C’est bien ! Sauf quand on ne le savait pas et qu’on a commandé des frites et du coca…en plus.

Le coût de la vie…en fait on n’avait pas prévu ça dans notre budget… 50 euros par mois pour deux pour la bouffe, le bus, internet, les sorties, c’était peut-être un peu présomptueux… On va revoir ça, donc.

Anecdote amusante pour ceux qui se demandent à quoi ressemblent les Paraguayens. La scène se situe dans la rue. « Oh, tiens Anaïs, j’ai été mauvaise langue, ça existe des paraguayens mignons ! ». Les garçons en question se dirigent vers Barbara et commencent à lui parler…en français. Des français donc… Eh merde.


Asunciòn… ou la redécouverte des 5 sens !

 

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Une route, un arbre… Devant chez nous !

Des bougainvilliers flamboyants de rose et de rouge poussent sur des murs de toutes les couleurs (et on n’est qu’en hiver !), les arbres poussent au milieu de la route au mépris des pavés, la nature prend le dessus sur la ville, et quel que soit l’endroit où se pose notre regard, il trouve un coin de verdure.

Les magasins se succèdent et vendent de tout : des recharges téléphoniques aux empanadas (petites galettes qu’on remplit…comme des crêpes en pas pareil (prononcez cweps s’il vous plait) !), les odeurs se bousculent.

Les taxis et les bus filent à toute allure au mépris des piétons (ici, on est loin d’être en Allemagne), les feux tricolores ont deux couleurs en réalité : vert et orange, tu passes ; et rouge, bah, tu regardes un peu, mais tu passes aussi ! Concert de klaxons, petit élément indispensable à la survie.

Les gens se retournent sur les blondes (et paie ta blonde !).

Premiers jours à Asunciòn
Album : Premiers jours à Asunciòn
Clichés pris à la sauvette... Il faut rester discret avec l'appareil photo. Certaines sont prises depuis le bus qui va très, très vite...
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Un nouveau jour se lève

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Aéroport de Buenos Aires, premiers pas sur le continent sud-américain

Lever de soleil : un nouveau jour, une nouvelle expérience : un nouveau bout de chemin qui s’annonce…

et c’est parti !

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Aéroport de Buenos Aires
Album : Aéroport de Buenos Aires
Après une longue nuit de 15 heures à fuir le soleil, premier pas dans le nouveau monde...
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